Lorsqu’une attaque par rançongiciel survient ou que les systèmes tombent en panne, l’efficacité de votre Recovery ne dépend pas uniquement de la technologie : elle repose sur la collaboration entre les différents acteurs, au-delà des frontières organisationnelles. Malgré l’importance cruciale de cette coordination, des écarts significatifs persistent entre les équipes de cybersécurité et la direction de l’entreprise, ce qui sape la résilience organisationnelle au moment où elle est le plus nécessaire.
Cet article explique comment créer l’alignement organisationnel nécessaire à une cyber-résilience efficace, en reliant les équipes techniques à la direction de l’entreprise afin de créer une approche unifiée de la reprise.
Le défi organisationnel de la cyber-résilience
L’obstacle le plus important à une cyber-résilience efficace n’est pas d’ordre technologique, mais organisationnel. Les recherches révèlent des écarts alarmants entre les responsables de la cybersécurité et les dirigeants qui contrôlent les ressources et l’orientation stratégique :
Désalignement au niveau du conseil d’administration et lacunes de compréhension
Une étude de la Harvard Business Review datant de 2025 a révélé que “de nombreux conseils d’administration surestiment l’état de préparation de leur entreprise en matière de cybersécurité tout en sous-estimant l’importance stratégique de leur propre rôle dans l’élaboration de cette cybersécurité”. L’étude révèle “un fossé entre l’investissement cybernétique perçu et la véritable compréhension du conseil d’administration, ce qui reflète un déséquilibre plus large : trop d’administrateurs se considèrent comme des stratèges de la croissance plutôt que comme des gardiens de la résilience à long terme”.
Lacunes en matière de communication et de crédibilité
Des obstacles à la communication opérationnelle persistent entre les équipes de cybersécurité et les parties prenantes de l’entreprise. L’étude de McKinsey montre que si les dépenses en cybersécurité ont considérablement augmenté – les organisations dépenseront environ 200 milliards de dollars en 2024 contre 140 milliards de dollars en 2020 – de nombreuses organisations ont encore du mal à aligner les équipes de sécurité sur les unités opérationnelles. L’augmentation des dépenses ne s’est pas nécessairement traduite par une meilleure coordination organisationnelle.
Évolution du rôle du RSSI et lacunes en matière d’autorité
Le rapport The State of the CISO, 2023-2024, publié par IANS Research et Artico Search, révèle un défi majeur auquel sont confrontés les RSSI : “Bien que les attentes liées au rôle soient élevées au niveau C, les RSSI ont du mal à être considérés comme tels, et le rôle de RSSI ne fait souvent pas partie de l’équipe de direction.”
Les RSSI qui entretiennent des relations étroites avec le conseil d’administration se sentent “plus valorisés et déclarent généralement qu’ils sont “entendus”, même en cas de désaccord sur la budgétisation”.
Accès et influence limités des dirigeants
Malgré l’importance stratégique de la cybersécurité, de nombreux RSSI n’ont pas d’accès significatif à la haute direction. Le rapport “State of the CISO” cité plus haut a également révélé que seuls 20 % des RSSI sont positionnés au niveau C dans la hiérarchie de leur organisation, 63 % d’entre eux occupant des postes de vice-président ou de directeur.
Même dans les grandes entreprises, l’accès reste limité. Parmi les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 10 milliards de dollars, seuls 60 % des RSSI rencontrent régulièrement les conseils d’administration.
Les trois piliers de l’alignement organisationnel
Compte tenu des défis décrits ci-dessus, il n’est pas surprenant qu’il y ait des hésitations et des incertitudes quant à la manière de renforcer la résilience opérationnelle de l’entreprise et, en fin de compte, de répondre aux incidents de cybersécurité et de s’en remettre. Par où les équipes peuvent-elles commencer ?
Pour parvenir à un alignement efficace en matière de cyber-résilience, il faut s’attaquer à trois domaines essentiels :
1. Gouvernance et droits de décision
La résilience nécessite des structures de gouvernance claires qui définissent qui prend quelles décisions :
Parrainage exécutif :
Cadres de décision :
Supervision interfonctionnelle
2. Rôles et responsabilités
Une définition claire des rôles permet d’éviter la confusion lors d’incidents très stressants :
Rôles en matière de réponse aux incidents :
Responsabilités spécifiques à la récupération :
Élaboration de la matrice RACI
3. Communication et collaboration
Une communication efficace permet de combler le fossé entre les parties prenantes techniques et commerciales :
Développement du langage commun :
Protocoles de communication :
Mécanismes de collaboration
Construire une culture de résilience interfonctionnelle
Au-delà des structures et des processus, une résilience efficace passe par une culture d’entreprise favorable. Chaque niveau de l’organisation doit avoir conscience de son rôle dans la capacité de l’entreprise à faire face aux incidents opérationnels et aux cyberincidents. Afin d’aider les dirigeants de l’entreprise à se préparer à jouer leur rôle dans la mise en place de cette culture, il convient de prendre en compte les éléments suivants :
Stratégies d’engagement des cadres
La réussite commence au sommet de la hiérarchie, avec des dirigeants qui comprennent la résilience et lui accordent la priorité :
Approches en matière d’éducation :
Des mesures qui comptent pour les dirigeants :
Rapports au niveau du conseil d’administration :
Alignement de l’encadrement intermédiaire
Les cadres intermédiaires servent souvent de liens essentiels entre les équipes techniques et la direction et doivent être impliqués très tôt afin d’être prêts à toute éventualité. Voici quelques points sur lesquels votre équipe de direction peut se concentrer pour faire de l’encadrement intermédiaire un moteur de votre résilience :
Programme des champions de la résilience :
Intégration des unités d’affaires :
Intégration des performances :
Autonomisation de l’équipe technique
Les équipes techniques ont besoin à la fois d’autorité et de conseils pour être efficaces :
Cadres d’autorité de décision :
Programmes de développement des compétences :
Reconnaissance et incitations :
Méthodes d’alignement pratiques
La mise en place de l’alignement nécessite des actions concrètes. Voici des méthodes pratiques que les organisations peuvent mettre en œuvre :
1. Analyse conjointe de l’impact sur les entreprises (BIA)
L’un des outils d’alignement les plus efficaces est l’évaluation collaborative de l’impact sur l’environnement :
Ateliers interfonctionnels sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement :
Documentation des résultats :
2. Exercices sur table
Les exercices basés sur des scénarios permettent de développer une compréhension commune au-delà des frontières de l’organisation :
Conception d’exercices interfonctionnels :
Facilitation de l’exercice :
Plan d’action post-exercice
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3. Traduction du plan de Recovery
Les plans efficaces comblent le fossé entre les langages techniques et commerciaux :
Éléments du plan axé sur les entreprises :
Composants de la traduction technique et commerciale :
Documentation intégrée :
Mesurer l’efficacité de l’alignement
Pour s’assurer que les efforts d’alignement portent leurs fruits, les organisations doivent suivre des paramètres spécifiques :
Mesures du processus :
Mesures de la perception :
Mesures des résultats :
La mesure régulière de ces paramètres permet d’évaluer l’efficacité de l’alignement et de mettre en évidence les domaines à améliorer.
Feuille de route pour la mise en œuvre
Pour les organisations qui cherchent à améliorer l’alignement des parties prenantes, il convient d’envisager cette approche progressive :
Phase 1 : Évaluation (1-2 mois)
Phase 2 : Construction des fondations (2-4 mois)
Phase 3 : Développement des capacités (4-8 mois)
Phase 4 : Optimisation (8+ mois)
L’alignement comme avantage concurrentiel
Les cybermenaces continuant à évoluer, la capacité à coordonner efficacement les activités au-delà des frontières organisationnelles deviendra probablement un facteur de différenciation encore plus important entre les organisations qui poursuivent leurs activités et celles qui subissent des perturbations prolongées.
En mettant en œuvre des approches structurées en matière de gouvernance, de rôles et de communication, les organisations peuvent améliorer de manière significative leur capacité de résilience et mettre en place les bases humaines nécessaires à un rétablissement efficace.
En savoir plus
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