Points clés à retenir
- Remplacer les affirmations subjectives concernant la « facilité d’utilisation » par un ratio de protection des données mesurable : la capacité protégée divisée par le nombre d’administrateurs à temps plein.
- La mesure de la capacité protégée par ETP offre une vision plus pertinente de l’efficacité opérationnelle que les indicateurs traditionnels, tels que le nombre de tâches de sauvegarde par administrateur.
- Le ratio de protection des données doit servir de référence avant la migration vers une nouvelle plateforme, puis être mesuré à nouveau après celle-ci afin de valider les améliorations opérationnelles.
- Des facteurs tels que les environnements multicloud, les exigences en matière de reprise après sinistre informatique et les obligations de conformité peuvent influencer ce ratio ; il convient donc de l’évaluer dans le contexte propre à chaque environnement.
- Les entreprises devraient exiger des fournisseurs qu’ils s’engagent à atteindre des résultats opérationnels mesurables plutôt que de se fier à des affirmations qualitatives concernant la simplicité.
Toutes les évaluations de fournisseurs auxquelles j’ai participé aboutissent finalement à la même impasse. D’un côté, on affirme que la plateforme est simple à utiliser. De l’autre, on prétend que c’est la sienne qui est la plus simple.
Personne ne peut prouver l’une ou l’autre de ces affirmations ; la conversation dérive alors vers la démonstration, l’entretien de référence ou l’intuition générale qui règne dans la salle. Ce n’est pas ainsi que vous devriez prendre une décision qui déterminera la manière dont votre équipe passera les cinq prochaines années.
J’ai géré des environnements de protection des données en production. J’ai vu des équipes crouler sous le poids d’outils fragmentés qui promettaient l’automatisation et ne faisaient que générer des tickets d’incident.
La « complexité réduite » n’est pas une impression que vous devriez accepter sur la foi de simples paroles. C’est quelque chose que vous devriez pouvoir calculer.
L’indicateur qui manquait au secteur
Nous avons commencé à utiliser un ratio simple en interne et auprès de nos clients : la capacité totale protégée divisée par le nombre d’employés à temps plein nécessaires à son fonctionnement. Nous l’appelons le « ratio de rentabilité de la protection des données ».
Capacité protégée (Po) / ETP = Ratio de rentabilité de la protection des données
C’est tout. Pas de questionnaires de satisfaction. Pas d’adjectifs. Un chiffre, calculé à partir des données dont vous disposez déjà.
Voici pourquoi cet indicateur est plus pertinent que ceux qu’il remplace. Calculer le nombre de tâches de sauvegarde par personne avait du sens il y a dix ans, lorsqu’une tâche représentait une unité distincte d’effort manuel. Cela ne reflète pas le fonctionnement des plateformes modernes d’aujourd’hui, où l’automatisation prend en charge le travail routinier et où un seul administrateur peut être responsable de pétaoctets, et non plus d’un nombre de tâches.
Mesurer le nombre de tâches par personne dans un environnement automatisé ne vous indique en rien si l’automatisation fonctionne réellement.
Concrètement
Une précision avant de passer aux chiffres, car cela prête souvent à confusion. La « capacité protégée » désigne la taille totale, non compressée et non dédupliquée, des applications protégées, et non celle du disque physique qui les héberge.
Cette distinction est importante, car c’est là tout l’intérêt. L’environnement de production de Commvault protège 42,39 Po de données d’applications sur 9,26 Po de disques physiques, soit un gain d’espace de 81,91 % grâce à la déduplication et à la compression.
Ce ratio ne se limite pas à mesurer le nombre de pétaoctets qu’une personne peut superviser. Il mesure la part du travail effectuée par l’architecture avant même que les effectifs n’entrent en ligne de compte.
Dans cette optique : Commvault exploite son propre environnement de sauvegarde en production sur une capacité protégée de 42,39 Po avec deux ETP. Cela correspond à un ratio de 21,20 PB par ETP. Les références du secteur pour les plateformes modernes se situent généralement entre 5 et 25 PB par ETP, en fonction de la complexité de l’environnement ; ce chiffre se situe donc dans le haut de la fourchette de ce qui est réalisable aujourd’hui.
| Indicateur | Valeur | Définition |
| Capacité protégée (front-end) | 42,39 Po | Taille totale, non compressée et non dédupliquée, de l’application protégée dans notre environnement |
| Capacité totale des disques | 9,26 Po | Stockage physique cible |
| Espace total utilisé | 7,89 PB | Utilisation actuelle |
| Volume total de données écrites | 7,67 PB | Données logiques écrites sur le disque |
| Gain d’espace | 81,91 % | Efficacité de la déduplication et de la compression |
| Effectifs équivalents temps plein (ETP) consacrés à la protection des données | 2 | Nombre d’administrateurs à temps plein gérant le parc de sauvegarde de production de Commvault |
Taux de protection des données = 42,39 Po / 2 ETP = 21,20 Po par ETP
Je tiens à préciser clairement ce que ce chiffre ne reflète pas. Il ne tient pas compte d’une infrastructure multicloud, des exigences en matière de Recovery après une cyberattaque, ni d’un ensemble d’applications soumises à de strictes contraintes de conformité, autant de facteurs qui feront baisser ce ratio pour des raisons n’ayant rien à voir avec la qualité de la plateforme.
Un ratio pris isolément ne constitue pas un verdict. En revanche, un ratio mesuré avant et après une migration en est un.
C’est là le véritable cas d’utilisation. Établissez une base de référence de votre environnement actuel à l’aide de vos outils existants. Fixez un ratio cible en fonction de vos prévisions de croissance et de la capacité de votre équipe. Veillez ensuite à ce que votre fournisseur s’y conforme une fois la mise en œuvre terminée, et pas seulement pendant le cycle de vente.
Les implications au niveau du conseil d’administration
Si vous êtes chargé de valider la migration vers une nouvelle plateforme, on ne vous demande pas simplement de croire que cette nouvelle plateforme est plus facile à gérer. On vous demande de financer un résultat opérationnel spécifique. Un objectif de ratio de protection des données vous permet d’intégrer ce résultat dans l’analyse de rentabilité et de le vérifier 12 mois plus tard.
C’est la même rigueur que nous appliquons au temps moyen de récupération après nettoyage (MTCR). La capacité de récupération ne se revendique pas, elle se mesure et se remet à l’épreuve jusqu’à ce que les chiffres reflètent la réalité. L’efficacité opérationnelle mérite d’être évaluée selon les mêmes critères.
Le défi
Demandez à votre fournisseur actuel quel est le taux de rentabilité de votre propre environnement aujourd’hui. S’il ne peut pas vous le fournir, cela en dit long sur sa compréhension de ce que signifie « simple à gérer » pour votre équipe.
Et si vous évaluez une nouvelle plateforme, ne vous contentez pas d’une réponse du type « plus facile à utiliser ». Demandez quel ratio le fournisseur s’engage à atteindre, et reposez la question au bout d’un an.
FAQ
Q : Qu’est-ce que le ratio de protection des données ?
R : Le ratio de protection des données mesure la quantité de capacité de données protégées gérée par chaque administrateur à temps plein. Il offre un moyen objectif d’évaluer l’efficacité opérationnelle plutôt que de se fier à des impressions subjectives sur la facilité d’utilisation de la plateforme.
Q : Pourquoi cet indicateur est-il plus utile que le nombre de tâches de sauvegarde par administrateur ?
R : Les plateformes modernes de protection des données automatisent une grande partie du travail de routine qui nécessitait auparavant une intervention manuelle. Par conséquent, le décompte des tâches de sauvegarde ne reflète plus la charge de travail réelle ni l’efficacité d’une équipe opérationnelle.
Q : Que signifie « capacité protégée » dans ce calcul ?
R : La capacité protégée désigne la taille totale, non compressée et non dédupliquée, des données d’application protégées. Cette mesure reflète la charge de travail réelle gérée par la plateforme plutôt que l’espace de stockage physique consommé après optimisation.
Q : Un ratio de démultiplication plus élevé est-il toujours le signe d’une meilleure plateforme ?
R : Pas nécessairement. La complexité de l’environnement, notamment les déploiements multicloud, les exigences en matière de cyber-résilience et les obligations réglementaires, peut réduire ce ratio même lorsque la plateforme fonctionne correctement. Cet indicateur est particulièrement utile pour comparer un même environnement avant et après une migration.
Q : Comment les entreprises doivent-elles utiliser le ratio de protection des données lors de l’évaluation des fournisseurs ?
R : Les entreprises doivent établir une base de référence à partir de leur environnement actuel, définir un ratio cible adapté à leur croissance future et demander aux fournisseurs de s’engager à réaliser des améliorations mesurables après la mise en œuvre. Cette approche permet de déplacer le débat des arguments marketing vers des résultats commerciaux vérifiables.
Q : Quelle est la valeur métier globale de cet indicateur ?
R : Le ratio de protection des données permet aux dirigeants de quantifier les gains d’efficacité opérationnelle attendus et de les intégrer dans l’analyse de rentabilité d’un investissement dans une plateforme. Il fournit également un point de référence pouvant être examiné après le déploiement afin de confirmer que les résultats promis ont bien été atteints.
Rajiv Kottomtharayil est directeur des produits chez Commvault.